Guide pratique
Fiscalité du chauffeur VTC en micro-entreprise
La micro-entreprise est le statut le plus simple pour démarrer. Elle cache pourtant un piège : vos frais réels (carburant, véhicule, assurance) ne se déduisent pas. Voici les règles qui comptent, avec les chiffres 2026 et leurs sources.
Le principe de la micro-entreprise
Vous déclarez votre chiffre d’affaires, et l’administration applique des taux forfaitaires pour calculer cotisations et impôt. Vous n’avez pas de bilan à tenir : un livre des recettes suffit. En contrepartie, vous ne déduisez pas vos charges réelles. Un chauffeur qui dépense beaucoup en véhicule et en carburant peut donc être bien plus imposé que son bénéfice réel ne le justifie.
Pour savoir ce qu’il vous reste vraiment, utilisez le calculateur de rentabilité avec vos propres chiffres.
Cotisations et plafond
| Élément | Valeur 2026 |
|---|---|
| Cotisations sociales (prestations de services commerciales, BIC) | 21,2 % du chiffre d’affaires |
| Avec versement libératoire de l’impôt | 22,9 % (cotisations 21,2 % + impôt 1,7 %) |
| Plafond de chiffre d’affaires annuel (prestations de services) | 83 600 € |
| Abattement forfaitaire pour l’impôt (micro-BIC, services) | 50 %, minimum 305 € |
Base de calcul : le chiffre d’affaires encaissé, pourboires compris. Les commissions prélevées par les plateformes ne sont pas déduites du chiffre d’affaires déclaré. Au-delà du plafond, vous sortez du régime de la micro-entreprise : anticipez-le dès que vous approchez de la limite.
Impôt sur le revenu et versement libératoire
Régime normal : vous déclarez votre chiffre d’affaires dans votre déclaration de revenus (annexe 2042-C-PRO). L’administration applique l’abattement de 50 %, puis le résultat s’ajoute aux autres revenus de votre foyer et est imposé au barème progressif.
Versement libératoire : vous payez l’impôt en même temps que vos cotisations, en pourcentage du chiffre d’affaires. Il faut remplir une condition de revenu fiscal de référence par part. Pour une option en 2026, le seuil cité par l’administration est de 29 315 € par part (revenu fiscal de référence de 2024). L’option se demande avant le 30 septembre pour l’année suivante, ou avant la fin du troisième mois suivant la création de l’entreprise. Selon votre taux marginal d’imposition, il peut être avantageux ou non : faites la simulation avec votre situation.
TVA
Les micro-entrepreneurs bénéficient de la franchise en base de TVA : ils ne facturent pas la TVA et ne la récupèrent pas. Pour les prestations de services en 2026, les seuils sont de 37 500 € de chiffre d’affaires de l’année précédente, et de 41 250 € (seuil majoré) au-delà duquel la franchise s’arrête dès le jour du dépassement.
Vos factures doivent alors porter la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». Dès que vous dépassez ces seuils, vous devenez redevable de la TVA, ce qui change votre rentabilité : anticipez-le.
CFE
La cotisation foncière des entreprises est due chaque année. Elle n’est pas due l’année de création. L’année suivante, la base est réduite de moitié, puis le montant dépend de votre commune. Un chiffre d’affaires de référence inférieur ou égal à 5 000 € ouvre droit à une exonération du minimum.
Vos déclarations
- Urssaf : déclaration de votre chiffre d’affaires chaque mois ou chaque trimestre, même à 0 €. L’omission entraîne une pénalité.
- Livre des recettes : obligatoire, à conserver. Il liste vos encaissements au jour le jour.
- Factures : la mention « EI » ou « Entrepreneur individuel » doit apparaître.
- Plateformes : elles transmettent vos revenus à l’administration fiscale et vous envoient un récapitulatif annuel en janvier. Vous restez tenu de déclarer vous-même : faites correspondre vos chiffres avec ce récapitulatif.
Et mes frais ?
En micro-entreprise, vous ne déduisez ni carburant, ni loyer du véhicule, ni assurance, ni indemnités kilométriques : l’abattement forfaitaire les remplace. Si vos frais dépassent largement 50 % de votre chiffre d’affaires, comparez avec un régime au réel (bénéfice réel, comptabilité complète) ou une société. Ce choix dépend de votre situation : demandez une simulation à un expert-comptable avant de décider.
Ce qui reste à confirmer
Soyons clairs sur les limites de ce guide :
- Catégorie d’activité : les taux ci-dessus supposent que votre activité relève des prestations de services commerciales (BIC). Aucune source officielle lue ne l’écrit noir sur blanc pour les VTC : confirmez avec l’Urssaf ou votre service des impôts.
- Plafond 2026 : 83 600 € est la valeur indiquée sur Service-Public ; une page de l’administration fiscale cite encore 77 700 €. Vérifiez la valeur applicable à votre cas.
- Taux du versement libératoire : 1,7 % selon l’Urssaf ; d’autres fiches ne le mentionnent pas. Vérifiez sur le site de l’Urssaf.
- Taux de TVA applicable aux courses (dès que vous dépassez la franchise) : à confirmer auprès de votre service des impôts.
Sources officielles
- Devenir chauffeur de VTC (Service-Public)
- Cotisations sociales du micro-entrepreneur (Service-Public)
- L’essentiel du statut (Urssaf)
- Franchise en base de TVA (Service-Public)
- Versement libératoire : conditions (impots.gouv.fr)
- CFE du micro-entrepreneur (impots.gouv.fr)
- Micro-entrepreneur : puis-je déduire des charges ? (impots.gouv.fr)
- Économie collaborative et plateformes numériques (impots.gouv.fr)
Ce guide est une information générale rédigée par un chauffeur, pas un conseil juridique, fiscal ou comptable. Les règles changent : vérifiez toujours auprès de l’administration ou d’un expert-comptable avant de décider. Une erreur ou une information périmée ? Signalez-la.