Guide pratique
Carte professionnelle et démarches pour devenir chauffeur VTC
Pour exercer légalement, il faut une carte professionnelle, une inscription au registre des VTC, une vignette sur le véhicule et une assurance adaptée. Les règles ont évolué en 2026 : voici l’état des lieux et ce qu’il faut vérifier avant de vous lancer.
Conditions d’accès
- Permis B depuis au moins 3 ans (2 ans en cas de conduite accompagnée).
- Casier judiciaire : le bulletin n° 2 ne doit comporter aucune condamnation incompatible avec la profession.
- Aptitude médicale : avis médical favorable (formulaire cerfa 14880).
L’examen
Depuis le 12 août 2026, l’examen est la seule voie d’accès à la carte professionnelle : l’expérience professionnelle ne suffit plus. Les demandes déposées avant cette date ne sont pas concernées. L’examen est organisé par les chambres de métiers et de l’artisanat (CMA), pour un coût indicatif d’environ 200 €.
La formation est facultative mais fortement conseillée. Selon l’organisme, elle dure de 50 à 300 heures pour un coût d’environ 400 à 3 000 €. Comparez les taux de réussite et vérifiez si votre formation est finançable (compte personnel de formation, aides à la reconversion).
La carte professionnelle
- Coût indicatif : environ 60 €.
- Durée de validité : 5 ans.
- Le renouvellement exige un stage de formation continue, à effectuer avant l’échéance. Prévoyez-le plusieurs mois à l’avance (voir « Ce qui reste à confirmer »).
Registre REVTC et vignette
- Inscription au registre des VTC (REVTC) : obligatoire, environ 170 €, à renouveler tous les 5 ans. Une garantie financière de 1 500 € par véhicule peut être demandée dans certains cas.
- Depuis le 27 juin 2026, il faut déclarer les conducteurs et les plaques, et les sanctions sont renforcées.
- Vignette VTC : obligatoire sur le véhicule, environ 35 €.
Assurance
L’assurance de responsabilité civile professionnelle est obligatoire. Circuler sans s’expose à une amende pouvant atteindre 3 750 €. Une assurance auto classique ne couvre pas le transport de personnes à titre onéreux : demandez toujours une attestation précisant l’usage VTC. Comparez plusieurs devis : les écarts de prix sont importants.
Point d’attention : un contrat d’assurance auto de particulier exclut le transport de personnes à titre onéreux. Si l’usage VTC n’est pas déclaré, l’assureur peut invoquer la nullité du contrat (article L113-8 du Code des assurances) et refuser de vous couvrir après un accident. Faites préciser l’usage VTC par écrit, et regardez aussi les franchises et les plafonds, pas seulement le prix.
Aéroports et prise en charge
Le cadre légal est stable, même si les détails pratiques changent : un chauffeur VTC doit pouvoir justifier d’une réservation préalable, et le racolage de clients est un délit. Le stationnement en attente est interdit hors des zones prévues. Les contrôles sont réalisés par l’unité de contrôle des transports de personnes. Les points de prise en charge exacts varient selon le terminal, l’heure et les travaux : consultez les consignes de l’exploitant de l’aéroport et celles de la plateforme avant de vous y rendre.
Gestionnaires de flotte et faux VTC
Un rapport du Sénat (2025) décrit des pratiques frauduleuses autour de certains gestionnaires de flotte : prêt ou partage de carte professionnelle, rattachement de chauffeurs contre commission. Une loi contre les fraudes sociales et fiscales, promulguée en juin 2026, vise notamment les faux VTC (interdiction de mettre à disposition une inscription au registre, radiation, vigilance renforcée des plateformes). Ne prêtez jamais votre carte ni votre inscription, et méfiez-vous de toute offre qui vous demande de le faire ou de payer une « mise à disposition ». Lisez le contrat d’un gestionnaire de flotte avant de signer : commissions, durée, résiliation.
Ce qui reste à confirmer
- Durée du stage de renouvellement : Service-Public indique 14 heures, tandis qu’un arrêté de 2017 évoque 7 heures pour les VTC. Renseignez-vous auprès de votre centre de formation ou de la préfecture.
- Autorité qui délivre la carte : généralement la préfecture ; vérifiez la démarche exacte en ligne.
- Transition numéro Atout France / REVTC : les détails officiels de la bascule n’ont pas été confirmés. Vérifiez sur le site du registre.
- Garanties minimales de l’assurance : à vérifier auprès de votre assureur.
- Règles actuelles des aéroports parisiens : non vérifiées sur le site officiel de l’exploitant ; consultez-le avant de vous y rendre.
- Détail des sanctions de la loi de juin 2026 : le texte final n’a pas été relu ; seul le dispositif général est décrit ici.
Sources officielles
- Devenir chauffeur de VTC (Service-Public)
- Arrêté du 11 août 2017 sur la formation continue (Légifrance)
- Rapport du Sénat sur les gestionnaires de flotte (2025)
- Loi contre les fraudes sociales et fiscales (ministère de l’Écologie)
- Réponse ministérielle sur les VTC et les aéroports (Assemblée nationale)
Ce guide est une information générale rédigée par un chauffeur, pas un conseil juridique, fiscal ou comptable. Les règles changent : vérifiez toujours auprès de l’administration ou d’un expert-comptable avant de décider. Une erreur ou une information périmée ? Signalez-la.